Loi de programmation militaire : quelles sont les types d’économies proposées ?

Loi de programmation militaire : quelles sont les types d’économies proposées ?


La réalité se trouve souvent dans les arrière-cuisines, loin des discours officiels. Il s’agit de la préparation de la future loi de programmation militaire (MPL) couvrant la période 2024/2030. A la demande du ministère des Armées, l’état-major et la DGA (Direction générale de l’armement) travaillaient sur les moyens d’économiser de l’argent, révèle La Tribune. Ils seront certainement nécessaires pour coller à la trajectoire du budget du LPM, qui doit être décidée par Emmanuel Macron : 377 milliards, 410 milliards ou 430 milliards, selon les propositions respectives de Bercy, du ministère des Armées et du Général. Personnel. armées. Selon nos informations, le président pourrait choisir la trajectoire défendue par Hôtel de Brienne, à savoir 410 milliards d’euros. UN l’enveloppe est certes supérieure à la LPM actuelle (295 milliards d’euros), mais qui ne permettrait pas d’atteindre le modèle « Armée 2030 » et de prendre en compte les nouveaux besoins. Des économies seraient donc nécessaires et il doit également être approuvé par le pouvoir exécutif.

Loi de programmation militaire : temps électoral, choc arbitral

S’il appuie sur le bouton, ces sauvegardes affecteront les trois armées. Car, à notre connaissance, les services et la DGA ont passé au crible plus de 200 opportunités d’économies susceptibles d’affecter des programmes clés. Au total, les trois armées pourraient devoir économiser jusqu’à 30 milliards d’euros pour la future LPM, si son budget sera de 410 milliards.

Contradictions

Mais le simple fait de considérer les économies dans la prochaine LPM ne correspond pas tout à fait au discours de l’exécutif. Cela s’avère même en contraste frappant avec deux slogans de l’exécutif ces derniers mois, « économie de guerre » etc « Guerre de haute intensité ». Des slogans qui ont donné espoir et ambition aux armées et aux industries de défense après des décennies de coupes budgétaires. Ils ont annoncé la poursuite des efforts défensifs de la France. Les efforts de défense qu’Emmanuel Macron avait entrepris depuis 2017 – qui n’allaient pas de soi à l’époque – et que le chef de l’Etat a menés avec précision à l’euro près pendant les cinq années de son mandat. Mais aujourd’hui, entre discours officiel et réalité, la douche pourrait être froide, voire glaciale.

Cela vaut aussi pour la coopération européenne, où le discours d’Emmanuel Macron contredit aussi certaines formes d’épargne. Ainsi, selon des sources concordantes, les grands programmes de coopération – le SCAF (Future Air Combat System) mené avec l’Allemagne et l’Espagne et le futur char MGCS (Main Ground Combat System) développé avec l’Allemagne – pourraient être reportés un temps. deux ans. Eurodrone pourrait également être concerné par la réduction de l’objectif, qui passerait de six à quatre systèmes. En raison des retards du programme, le premier système sera livré en 2030 au lieu de 2025).

Économies : l’armée en première ligne

Au moment où la guerre en Ukraine n’est pas encore terminée, l’armée est en première ligne dans les voies salvatrices prévues. A ce titre, la France serait prête à renoncer au Tiger Mark 3, même si elle peinait encore à le faire accepter par l’Allemagne, qui a finalement refusé de rejoindre le programme tripartite (dont l’Espagne faisait partie), selon des sources unanimes. Il est également prévu de ralentir la modernisation du segment intermédiaire, c’est-à-dire de disperser les livraisons du programme Scorpion (Jaguar, Griffon et Serval). Enfin, il mentionne un objectif de réduction pour certains programmes en cours ou en cours, dont la rénovation du réservoir Leclerc (de 20 à 25 %). Cela pourrait sérieusement nuire au moral des deux principaux constructeurs de l’industrie (Nexter et Arquus) ainsi qu’Airbus Helicopters, qui n’aurait à accepter que le vieillissement de l’hélicoptère de combat Tigre.

La flotte n’est d’ailleurs pas épargnée par ces moyens salvateurs. Retarder la livraison des quatrième et cinquième frégates FDI à 2031 et 2032 (par rapport à 2028 et 2029), selon des sources concordantes. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour Naval Group, qui devra compter sur l’export pour trouver la charge de son site de Lorient, et pour la Marine, qui devra attendre d’atteindre le format frégate de classe 15 si tel est bien le cas. aller. activé. Selon les mêmes sources, le retrait du quatrième navire ravitailleur de forces (BRF) construit par les Chantiers de l’Atlantique est également surveillé de près pour économiser 310 millions d’euros. Enfin, le remplacement de l’avion de patrouille maritime pourrait être retardé d’environ un an.

Enfin, l’Armée de l’Air pourrait connaître des résultats bluffants dans la planification des prochains standards Rafale (F4 et F5). Par ailleurs, la livraison du Rafale Part 4 sera retardée, ainsi que le report de la commande de 46 hélicoptères HIL. Du coup, on est loin, très loin des ambitions d’Emmanuel Macron, même si une partie de ces économies seront redistribuées vers de nouveaux besoins (munitions et missiles notamment). Le Département des Armées, qui nécessite déjà de nombreux industriels dans le cadre d’une économie de guerre, devra gérer une partie des complexités créées par ces économies si elles doivent être lancées afin de maintenir certaines compétences industrielles et certains équilibres. Lignes directrices pour la coopération européenne.