Les futurs chefs de l’armée aiguisent leur « art de la guerre »

Les futurs chefs de l’armée aiguisent leur « art de la guerre »


Guillaume Molyneux
converti en

09:08, 24 novembre 2022

La guerre n’est pas seulement une question de nombre de missiles disponibles, de nombre de soldats ou de milliards d’euros mobilisés. C’est aussi de l’art. C’est de la stratégie, de la réflexion, de l’intelligence situationnelle. Si les officiers russes ont longtemps eu recours aux échecs, les Américains ont développé une culture aigüe des « jeux de guerre ». Les Français veulent se rattraper.

L’Ecole de guerre de l’armée a organisé pour la première fois mercredi au Complexe des Invalides de Paris un tournoi mutuel de « jeux de guerre ». Les futurs chefs militaires américains, belges, allemands, britanniques, italiens et bien sûr français s’affrontent sur des plateaux de jeu. Avec des dés et des pions.

Le match contre les Allemands était tendu. Mais avec une prise de risque maîtrisée, l’artillerie française parvient à percer la cavalerie allemande. Un jeu de guerre permet cela à moindre coût. Parce que les matériaux morts et détruits sont virtuels. Mais la stratégie et la pensée militaire s’y forment. « La guerre, c’est d’abord un affrontement de volontés, d’intelligence. Elle a évidemment une part scientifique. Mais aussi une part artistique, tactique, un regard… Et c’est exactement ce que nous essayons de développer », explique le colonel Sébastien Chenbaud. de l’école de terre de guerre.

Identifier les angles morts, les points faibles

Le jeu de guerre permet au personnel de pratiquer des manœuvres. Il a également été utilisé par les Américains lors de récentes opérations à l’étranger. En recréant pratiquement la manœuvre et en la confrontant à l’adversaire, les managers identifient plus facilement les angles morts, les lacunes et les faiblesses de leur système.

Mais les armées françaises ont longtemps négligé cette culture des « jeux de guerre ». « Dans les années qui ont suivi la défaite de 1870, l’armée française s’est un peu intéressée aux jeux de guerre. Par exemple, nous avons traduit des jeux de guerre allemands. C’était plutôt quelque chose qui servait plus entre les officiers, le soir », poursuit le commandant de réserve Antoine Bourgier, auteur du livre « Jouer la guerre ».

L’armée française y revient donc aujourd’hui. Ainsi les futurs grands chefs passeront cette année une quarantaine d’heures sur ce type de plateau de jeu.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *